Pas d'enfant - le choix d'une vie !
ChildFree - No Kids - Ginks, autant de termes qui fleurissent tout doucement dans le monde autour de ce nouvel engouement reconnu par certaines femmes. En effet en France selon une étude de l'INED, elles seraient seulement 4,3% à déclarer ne pas vouloir d'enfant et je viens m'ajouter à elles.
OUI, je ne veux pas d'enfant et NON, ce qui peut paraître pour certaines comme une punition, un sacrifice est bel et bien un choix.
Un sujet encore peu abordé et une confidence intime qui se doit d'être mise en avant.
MON PARCOURS ?
Il faut bien insister sur le fait que c'est un choix personnel, surtout pas imposé et certainement bien plus que réfléchi.
Je vois déjà certains dire dans leur coin : "Elle a certainement eu une vie difficile, mouvementée qui la force à vouloir faire ça". "Elle a du manquer d'amour durant son enfance, souffert d'abandon ou de maltraitance".
Rassurez-vous, j'ai eu, au contraire une vie remplie d'amour et une éducation à en faire pâlir plus d'un et c'est peut être aussi aujourd'hui cela, qui m'a permis de m'ouvrir et de me poser les bonnes questions au bon moment.
Bien sur, sans vouloir raconter ma vie ni rentrer dans les détails, j'ai eu un début de vie chaotique (problèmes de santé) qui m'a également forgé un caractère mais peut être et surtout, qui m'a fait prendre conscience de ce qu'est LA VIE au sens large du terme et de SA VALEUR.
MOI ÉGOÏSTE ?
Je suis la, sur cette planète, parce que l'on m'a fait naître, non s'en déboires et c'est bien pour cela que maintenant, c'est à moi de rendre ma vie aussi belle que possible (bien que dans un contexte qui n'est plus très propice à ce genre de chose). J'arrive à assumer le faite de me débrouiller avec ma condition mais pourrais-je accepter de prendre la décision, de donner la vie à un être, qui ne l'a pas voulu et lui imposer de faire sa vie avec ce qu'il aura (c'est à dire de moins en moins d'avantages). LA RÉPONSE EST NON.
- Je ne veux pas lui imposer de s'ajouter aux 7 222 973 670 personnes dans le monde et de participer involontairement à un suicide collectif de la planète. Je ne veux pas le rendre responsable, à la fois acteur et spectateur de tout ça.
- Je ne veux pas que comme moi, il découvre amèrement les mensonges sur lesquels reposent les bases de notre système et contre lequel il faut lutter chaque jour si l'on ne veux pas participer. Qu'il ne soit pas naïf mais bien réaliste face aux problèmes mondiaux. Qu'il redoute chaque jour l'explosion de ce système et la violence que cela pourrait engager de part le monde. (révolutions, guerres, attentats …)
- Je ne veux pas qu'il soit atteint par toutes sortes de maladies liées aux bagages génétiques que nous portons tous en nous. Qu'il soit empoisonné à petit feux par la pollution, les pesticides, les perturbateurs endocriniens présent déjà dans notre propre corps mais dans l'air qu'il respira, l'eau qu'il boira, les aliments qu'il mangera, les objets qu'il touchera.
- Je ne veux pas qu'il grandisse avec la peur de ne pas pouvoir assurer son avenir dignement, la peur de tout perdre par manque de travail dans un monde ou les valeurs disparaissent.
- Je ne veux pas qu'ils soit manipulé par la société de consommation à coup de grand martelage marketing. Qu'il se sente obligé d'en vouloir toujours plus et d'envier son voisin pour ne finalement ne rien y gagner.
- Je ne veux pas de lui, simplement pour me dire que lorsque je serait âgée, il sera là pour s'occuper de moi. Je ne veux pas l'imposer à moi comme m'imposer à lui.
- Je ne veux pas qu'il connaisse des déboires familiaux comme il en existe maintenant dans pratiquement une famille sur deux et qu'il en assume les conséquences (séparation, divorce).
- Je veux pouvoir bénéficier de mon corps et ne pas accepter la souffrance physique, le doute et la peur que procure le fait de mettre au monde un enfant. De m'inquiéter pour lui à chaque seconde dans un monde in-sécuritaire.
- Je veux pouvoir profiter de mon temps de vie pour me concentrer sur ce qui est bien pour l'AUTRE. Transmettre des valeurs et un discours sensé, non pas à ceux qui arriveront sur terre, mais bel et bien à ceux qui sont déjà présents ici et qui forment l'avenir (enfants comme adultes).
- Je veux ne pas avoir à regretter mon choix de faire un enfant pour mon propre besoin et non pas pour son utilité réelle sur cette terre.
- Je veux qu'en 2014, faire un enfant, ne soit pas une fin en soit. Pas un acte qui servirai à combler une vie qui peut être épanouie de tellement d'autres manières.
Après tout cela, vous devez bien me trouver pessimiste voir même défaitiste mais il ne faut pas se fier aux apparences. Je pense qu'au contraire, je crois en la vie, la respecte beaucoup et laisse les autres prendre cette responsabilité. Je ne suis pas là pour tenir un discours de morale mais simplement apporter mon point de vue car je comprends aussi bien que beaucoup de femmes aient ce désir d'enfanter et de donner la vie. Non je ne suis pas insensible, c'est même bien tout l'inverse.
Il est vrai, je l'avoue que je suis encore jeune pour affirmer ce choix, mais je me prépare déjà à l'assumer non pas pour moi, mais surtout à encaisser les nombreuses remarques que d'autres ont déjà subit et que je serais probablement amenée à subir en vieillissant. À cela, j'aimerai répondre avec un peu d'avance :
"Tu dis ça parce que tu es jeune mais un jour l'horloge biologique te rappellera à l'ordre"
Bien que le fait d'avoir un enfant est un choix, il n'est également pas un besoin pour moi jusqu'ici. Chaque femme à le droit et est surement confronté, au cours de sa vie, à un désir d'enfant mais même si c'est le cas, le besoin est un passage, l'enfant est une vie à par entière et j'aimerai ne pas confondre les deux.
"Elle doit être aigrie et ne pas aimer les enfants"
Je n'ai jamais détester les enfants et bien au contraire, même si je ne suis pas complètement "gaga" lorsque j'en vois un, c'est bien souvent de moi qu'ils se rapprochent le plus. J'aime leur contacte lorsqu’ils sont encore "pures", innocents et découvrent leur environnement mais malheureusement, vient vite par la suite, des enfants formatés qui perdent peu à peu leur joie de vivre. C'est tout simplement cela que j'aime moins.
"Tu dis ça parce que tu n'as pas trouver le bon"
Contre les idées reçus, il est bien plus évidement de nos jour de trouver un homme qui veut ou voudra un enfant durant le cours de sa vie, qu'un autre qui aura les mêmes projets que soi et qui s'écarte du chemin initiale qu'on a de la famille. C'est justement chose faite, c'est rare mais rassurant.
"Tu vas finir vieille fille avec tes chats" (celle là me fera particulièrement rire)
Vieille fille probablement par la force des choses mais entouré d'animaux ce sera en effet surement le cas. Car on est pas OBLIGÉ d'avoir un enfant pour se sentir utile dans la vie ou accomplie. Il suffit d'avoir des rêves, des projets, des envies, des combats et ça c'est possible à tout âge. Donner de l'amour n'est pas exclu pour n'importe quel être vivant, il serait bien d'en prendre tous les jours un peu plus conscience.
Pour résumer, c'est encore, je le sais un sujet un peu tabou, car peu souvent aborder et qui choquera peut être ceux qui ne peuvent pas le comprendre. Rester simplement ouvert d'esprit, face à ceux et celles qui prennent cette décision qui parfois, peu être très dur à assumer, à cause de l'ÉNORME PRESSION SOCIALE dont font preuve certaines personnes par rapport à un système encore trop schématisé duquel il est souvent mal vu de s'éloigner. UN CHOIX je pense pour ma part courageux et que je considère être (malgré ce que l'on puisse en dire), UN RÉEL ACTE D'AMOUR.
